Mois américain : Bruce Springsteen pour s’évader un peu

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Quand j’étais petite, et que je montais à l’arrière dans la voiture, mon père aimait écouter l’album Darkness on the edge of town de Springsteen, alors quand je le réécoute,j’ai toujours envie de revivre ces moments. Toujours, quand la première piste commence, j’imagine la route et ses kilomètres d’asphalte se dérouler sous mes pieds. Inutile de vous dire que je ne me suis pas privée pour le faire cet été aux USA…
Et puis Bruce, il était si craquant, sur cette pochette, avec les cheveux en bataille et son t shirt blanc. Et puis les paroles de cette chanson, Badlands, vont bien avec cette atmosphère, cette envie de vivre sa vie sans tarder…

For the ones who had a notion, a notion deep inside,
That it ain’t no sin to be glad you’re alive
I wanna find one face that ain’t looking through me
I wanna find one place,
I wanna spit in the face of these…

Badlands, you gotta live it everyday,
Let the broken hearts stand
As the price you’ve gotta pay,
We’ll keep movin’ ’til it’s understood,
And these badlands start treating us good.

Alors parce que ce sont les derniers beaux jours, malgré la rentrée bien entérinée, gardons encore un soupçon d’évasion. Baissez la vitre, passez le coude par la fenêtre, montez les basses et appuyez sur l’accélérateur.

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Wild, Cheryl Strayed

Cheryl Strayed, 26 ans, n’a aucune idée de ce qu’elle fait et de ce qui l’attend lorsqu’elle boucle son sac à dos, avant de partir sur la Pacific Coast Trail, un sentier californien qui suit les chaines de montagne et qui relie la frontière mexicaine à la frontière canadienne.

Pourquoi décide-t-elle de faire ça, elle qui n’est jamais partie en randonnée plus de 24h ? C’est ce qu’elle nous racontera progressivement – du décès de sa mère, quelques années plus tôt, victime d’un cancer foudroyant, à tout ce qui a suivi et qui a plongé la vie de Cheryl dans le désastre, tout comme elle nous racontera son expérience dans la nature, de ses erreurs de débutante, ses (nombreuses) difficultés, ses moments de désespoir, à son émerveillement d’être plongée dans la nature sauvage (wild en version originale) et aux rencontres qui parsèmeront son parcours. Elle nous raconte tout ce qu’elle a vécu, en marchant, et la rédemption que lui offrira cette expérience.

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Inutile d’y aller par 4 chemins, voilà peut-être (sans doute) ma lecture préférée de l’année 2016. Cela faisait un moment que j’avais entendu parler de ce livre, notamment suite à son adaptation en film avec Reese Whitherspoon que j’aime beaucoup. Quand j’ai lu le résumé, il y a eu comme un déclic, quand tout s’emboite si parfaitement que vous vous dites que c’est trop. A quelques jours de mon départ en Californie, un départ voulu pour que le voyage me défasse des chagrins emmagasinés depuis trop longtemps, le récit de Cheryl résonnait fortement avec mon projet de voyage (toutes proportions gardées, le mien était moins extrême évidemment).
Je savais que c’était ce livre qui m’accompagnerait pendant mon périple – et pour m’accompagner, il l’a fait. Trimballé de la France à la Californie par dessus un océan et un continent, soit pas moins 9000km, puis partout pendant 4000km sur la route, corné à force d’être mis et enlevé de mon sac à dos, puis revenu à nouveau à Paris, victime d’un accident de maquillage – sa tranche est désormais habillée d’une tâche rouge qui va étrangement bien avec la couverture – il m’a suivie partout, et a tant résonné en moi qu’il restait dans mon esprit même quand je ne le lisais pas. J’en ai beaucoup parlé à de nombreuses personnes, et en particulier à Coloc qui pensait presque que Cheryl Strayed était mon nouveau guru, tant j’ai dit de phrases commençant par « D’ailleurs Cheryl Strayed a dit » / « C’est drôle parce que Cheryl Strayed en parle justement… »

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La vraie Cheryl Strayed dans l’Oregon, aout 1995

Le récit de Cheryl est brut, elle le raconte avec une sincérité si poignante qu’on ne peut s’empêcher de rire, d’être émerveillé et de pleurer avec elle. Je  vous laisse imaginer la scène quand tu pleures à chaudes larmes quand elle raconte le moment -bouleversant- de la mort de sa mère et que l’hôtesse de l’air vient te proposer un café. Sa force de caractère est impressionnante ; son récit aurait pu être une compilation de plaintes sur la dureté de sa vie, mais au contraire, elle ne se plaint finalement que très peu, et fait souvent passer son désarroi par l’humour. On ressent à travers les réactions des autres leur respect pour ce qu’elle a entrepris, de partir seule avec son énorme sac, surnommé Monster, qu’elle peine à porter, et on partage ce respect.

“Each night the black sky and the bright stars were my stunning companions; occasionally I’d see their beauty and solemnity so plainly that I’d realize in a piercing way that my mother was right. That someday I WOULD be grateful and that in fact I was grateful now, that I felt something growing in me that was strong and real.”

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Cheryl part dans l’objectif de se retrouver en chemin, de mettre enfin un sens à sa vie, et aux errances qui l’ont ponctuée dans les dernières années, de rencontrer, non pas celle qu’elle était avant les drames qu’elle a connus, mais celle qui émerge après avoir mué, et retiré les peaux mortes de sa vie d’avant, celle qui n’attend qu’à être trouvée. Elle met du temps, mais peu à peu, elle laisse derrière elle, comme autant de cailloux semés ces choses douleureuses. Et ce qu’elle découvre, est qu’il n’y a pas forcément de sens à trouver, que parfois il suffit de voir les choses, sans tout comprendre. Que tout ce qu’elle a à faire, que la chose la plus incroyable, « wild » qu’elle puisse faire est de laisser aller, to let it be.

« Everything except the fact that I didn’t have to know. That is was enough to trust that what I’d done was true. To understand its meaning without yet being able to say precisely what it was, like all those lines from The Dream of a Common Language that had run through my nights and days. To believe that I didn’t need to reach with my bare hands anymore. To know that seeing the fish beneath the surface of the water was enough. That it was everything. It was my life – like all lives, mysterious and irrevocable and sacred. So very close, so very present, so very belonging to me.
How wild it was, to let it be.”

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Cheryl Strayed à Crater Lake, aout 1995

Une lecture inspirante, qui m’a beaucoup touchée et fait réfléchir,qui donne tant envie de faire comme elle et de partir avec son sac et ses chaussures de rando, sans se soucier du reste.Une lecture qui restera très longtemps en moi, je le sais.

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Septembre, la rentrée et le mois américain

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Pour se mettre en jambe, un peu de musique : China Grove, The Doobie brothers

Et voilà, l’été est bel et bien terminé… Mercredi, comme nombre d’élèves et d’autres profs j’ai bien mal dormi,  les médias, les pubs, les supermarchés m’ayant répété les jours précédents environ toutes les 20mn que « célarentré!!! »

Je suis tellement heureuse de commencer cette nouvelle année, dans une nouvelle école, et un nouveau niveau. De belles choses se préparent et je crois que découvrir la maternelle va être quoiqu’il arrive très riche. J’ai rencontré mes élèves avec ma binôme et j’ai hâte de les revoir lundi.

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L’été est terminée, mais voilà qu’arrive l’automne, une saison que j’adore, une saison dont j’ai peu profité l’an dernier… La pluie est tombée cette nuit, tapotant sur mon velux, et ce matin gris souris souffle un vent de fraicheur qui semble annoncer l’automne.C’est le genre de matins que j’adore, je profite de la quiétude avec mon thé et ma playlist folk en profitant d’être encore seule pour quelques instants avant que Coloc ne se lève.

Septembre est aussi annonciateur de formidables choses, puisque c’est le retour du mois américain organisé par Titine, et qu’en plus cette année, c’est aussi le festival America à Vincennes !

Autant vous dire que tout cela tombe à pic pour prolonger mon voyage américain, dont je ne suis pas à 100% encore revenue…

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Souvenir du petit dej sous le soleil à Yosemite (avec un livre incroyable, je vous en reparle bientôt !)

Ma pal américaine déborde toujours autant, mais je vais saisir cette occasion à bras le corps pour me remettre aux billets littéraires (disparus depuis maintenant un bien long moment !), tester quelques recettes de mon livre Made in New York, et puis SURTOUT trier et montrer mes photos (même si avec 4000 et quelques photos c’est pas gagné !)

Et évidemment retrouver les copines après un été au ralenti sur les blogs !

Alors, vous êtes prêts à embarquer on the road with me ?

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Lumineux

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Cet été qui s’étire vers sa fin est passé bien trop vite…

Je ne suis pas triste, juste un petit peu. Je ne me plains pas, j’en ai tant profité.

Avant de refermer la porte de cette année scolaire (j’ai toujours vécu en années scolaires… J’étais sans doute destinée à être prof ! et remarqué que les étés ont souvent été porteurs de changements, qui font que les différentes périodes sont bel et bien matérialisées par des années scolaires), j’ai envie de me retourner une dernière fois, de regarder à nouveau le soleil qui a inondé cet été. Le printemps fut pluvieux, mais de cet été, je ne garderai que cette lumière éblouissante.

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Il y a eu les fêtes pour célébrer le concours. Il y a eu les sacro-saints pique-niques sur les quais (un été à Paris ne serait pas un été à Paris sans pique-nique sur les quais…), quand on est joyeusement joyeux le soir aux Buttes, A. qui poursuit D. une bouteille d’eau à la main, rencontrer la copine d’un ami qui semble si bien depuis qu’il est avec elle, les conversations non stop avec les copains sur messenger, les périodes passées à se voir tous les jours.

Il y a eu des surprises, les éclats de rires quand je raconte les derniers rebondissements. Il y a eu du YOLO, pas mal, et ça fait du bien. Il y a eu des épisodes de Gilmore Girls, la reprise de séries laissées de côté (parce que je les regardais avec lui), et le goût de satisfaction en sachant ce que ça veut dire, aussi. Il y a eu les matins calmes, à profiter de la matinée en buvant du thé et en écoutant les émissions musicales de France Inter (chaque année, j’adore la programmation estivale de cette radio). Il y a eu quelques cinés, au frais, avec du coca, pour oublier la chaleur.Il y a eu des petits déjeuners rillettes-café (les meilleurs !)

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Il y a eu ma chère A., en visite de Montréal, qui me manque si souvent, et que c’était bon de la revoir, de partager un resto, un brunch, un trajet avec une valise récalcitrante avec elle. Il y a eu des litres de gaspacho. Il y a eu un weekend incroyable en Bretagne, où en débarquant dans la maison d’A., nous découvrons que nous avons 24h pour trouver deux déguisements pour deux soirées, et une famille de doux dingues qui ne s’arrêtent jamais, de la bombarde en pleine nuit, une virée à la foirefouille mémorable, des dab sans s’arrêter, du déhanché sur Rihanna au petit dej’.

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Toute cette agitation a bien fatigué le chat Malo !

Il y a eu des soirées organisation du voyage à distance avec Coloc, l’expédition au Décathlon pour le départ. Il y a eu Beyoncé, en boucle, partout, tout le temps, parce que Beyoncé❤. Il y a eu des polaroids pour se rappeler des moments de fous rires, des selfies pas cadrés, et le réflex qui se reposait en prévision de son activité intense lors du voyage.

Il y a eu ce moment où j’ai dit au revoir à Garçon choupi, parce que c’est ainsi, et même si sur le coup, j’étais teintée de nostalgie et de mélancolie, parce que c’était dire au revoir à une période de ma vie, il faut avancer, et je ne regrette pas. Il y a les matins gris de pluie, ceux que j’aime tant en été, quand ils sont une coupure entre deux beaux jours. Il y a Alex Beaupain que j’écoute en marchant dans Paris, et c’est toujours si bon de parcourir ma ville à pieds.

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Il y a le plaisir de retrouver les amis, quand tu rentres, un weekend dans les pays de Loire avec vin et piscine au programme. Il y a les soirées improvisées, les photomatons gratuits dans le bar où quelques cocktails permettent de révéler des talents et de la photogénie, s’égosiller sur Notre Dame de Paris en fin de soirée. Il y a les skypes avec le Québec jusqu’à une heure avancée de la nuit en mangeant des dragibus et en faisant les updates sur nos vies. Il y a les parents qui me font rire, quand ils disent que je ne peux pas aller les voir en Bretagne « parce qu’on ne sait pas quand on rentre de vacances, la fin de la location est le 12, mais on a pas envie de rentrer ! », et cela fait plaisir de voir qu’ils profitent tant de leur retraite après les avoir vus malheureux dans leur travail pendant si longtemps.

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Et puis, il y a ce moment, où l’avion a décollé, où submergée par l’émotion, je me suis mise à pleurer. Parce que ça y était, ce moment que j’avais tant attendu, pour tirer un trait définitif sur cette année de transition. Je m’attendais peut-être à une révélation, une renaissance, en partant, je m’imaginais peut-être que je ne serais plus la même en rentrant. Je ne sais pas si c’est le cas, pas encore.
Ce que je sais, c’est que je suis partie à l’autre bout du monde, en devant me débrouiller seule (bon pour 3 jours seulement), que j’ai rencontré de nombreuses personnes incroyables qui ont illuminé mon séjour, parfois juste pour 10 minutes, mais elles sont tant précieuses, ces 10 minutes.

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J’ai vu des choses que je n’avais jamais vues dans ma vie, j’ai cru être sur la lune, j’ai respiré l’air du large de l’océan Pacifique, j’ai senti le soleil réchauffer ma peau, j’ai fait une randonnée de 7h (sans entrainement !) pour escalader une montagne et dominer toute la vallée de Yosemite, j’ai admiré les étoiles et la voie lactée la nuit la tête dans les pins, les couchers de soleils, j’ai dormi sous une tente en entendant un ruisseau couler paisiblement, j’ai été fatiguée, j’ai eu le souffle coupé, j’ai pleuré, j’ai ri, j’ai parfois eu peur, j’ai souri aux inconnus que je croisais dans la rue, j’ai chanté à tue-tête dans la voiture.

Et il y a lui, qui était là pendant tout cela, avec qui j’ai été émerveillée, décontenancée, agacée. Il y a eu des moments où nous nous sommes fâchés, il y a des blessures qui se rouvraient dans des moments inattendus. Et puis il y a ses mots qui consolent, qui attendrissent, qui font réfléchir. Il y a ce soir pour son anniversaire, dans la vallée de Yosemite, où nous avons savouré le plaisir simple de boire une bière sous les étoiles, en regardant l’album photo retraçant nos dix ans d’amitié que j’avais fait dans l’avion pour lui offrir.

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Il y a l’immensité sauvage du vaste monde devant tes pieds, et son goût incomparable quand tu partages cela avec un ami. Il y a cette main, le dernier soir, alors que tu t’endors et que tu te dis que ce sera bien étrange de quitter cette terre pour revenir dans ta vraie vie – qui alors semble être un songe irréel – et de ne plus passer chaque minute de tes journées avec lui, cette main qui prend la tienne, comme pour te dire sans mots que même si on ne sait pas de quoi demain sera fait, ça ira, car on est là, on se tient et je reste près de toi, quoiqu’il arrive, je ne lâcherai pas ta main.

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Et il y a les larmes, à nouveau qui surgissent quand l’avion a décollé de San Francisco. Parce que j’avais le coeur en miettes, de ne plus pouvoir être dépaysée chaque jour, que cette expérience incroyable se termine, mais surtout parce que j’avais compris que ce que je prenais pour la fin d’une chose n’était en réalité que la continuation d’une autre, de la vie, bouillonnante, lumineuse et rugissante.

Année 2016-2017, me voici !

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Blog en vacances

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Le rythme ralentit… Pas le mien, car je suis plutôt occupée, actuellement, entre les pique-niques entre amis et autres réjouissances, et surtout la préparation du départ pour San Francisco… départ jeudi et les préparatifs me rendent folle de joie !! Quel bonheur de réserver des motels dans le désert et des emplacements de camping au coeur de Yosemite… et il y a tant d’autres choses qui s’annoncent formidables !

Alors je vous souhaite un bel été et vous dis à bientôt !

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(photos trouvées sur pinterest)

Montréal, partie 1 : graffitis, jolis coins et bouffons !

On a évidemment le coeur lourd… Et puis je sais que maintenant, je ne peux plus faire autrement que me replier un peu sur mon bonheur… Savourer la chance d’être en vie, d’avoir autour de moi ceux que j’aime, et de savoir que je vais continuer à rencontrer des êtres avec qui je vais partager bien des choses… Tout en ayant une pensée profonde pour les victimes de ces 2 derniers jours, et pour tous ceux qui les pleureront.

L’été dernier, j’étais partie à Montréal et avais commencé à vous montrer mon voyage… Et puis le tourbillon de l’année, a fait que. C’était une période un peu compliquée, c’était un voyage en mi-teinte, pourtant quel endroit magnifique !

Alors je ne résiste pas au plaisir de vous remontrer les photos publiées sur mon ancien blog (en version enrichie !), avant de préparer la suite des souvenirs du voyage…

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J’ai passé 15 jours là-bas, principalement à Montréal. J’y étais déjà allée il y a (pile !) vingt ans, et c’est un voyage qui m’avait marquée, mais finalement, Montréal ne m’avait pas laissé tant de souvenirs, car je n’ai rien reconnu !

Je n’ai pas vraiment visité Montréal comme j’ai l’habitude en partant en vacances… En suivant un guide, en visitant tous les must haves de la ville. Au lieu de ça, j’ai pris du temps pour me balader, lire dans les parcs, les cafés… J’ai aussi finalement vu beaucoup de gens, les amis de mes amies qui vivent dans cette ville, leurs collègues… Rencontrer autant de québécois était formidable, ce n’était finalement pas véritablement du tourisme, plus une immersion dans la ville.

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Montréal m’est apparue comme une ville jeune, hyper dynamique (en été, il se passe des milliards de choses), pas figée dans son histoire… Il y a un mélange très étonnant entre ville américaine à gratte-ciels et charmant village dans certains coins.

On peut être rue Sainte Catherine pour « magasiner » comme on dit là-bas, et tourner dans une rue perpendiculaire et se retrouver soudain dans un coin désert, avec des terrains aux herbes hautes et des graffitis à ne plus savoir où donner de la tête.
Cela peut être un peu déstabilisant pour nous autres européens, mais c’est en même temps enthousiasmant. C’est une ville qui bouge, qui se transforme, qui vit.

Plongée en photo dans ce que j’ai perçu comme le Montréal off… Rempli de graffitis !

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Le quartier dont on entend parler quand on va là bas, c’est « le plateau »… Sorte de petit village, c’est LE repère des français. C’est simple, quand on rencontre un français vivant à Montréal, 90% de chances sont qu’il vive sur le plateau… Sauf que ce n’est pas le cas de ma copine A., ce qui fait que j’ai plus arpenté son quartier anglophone, à l’ouest de la ville, que le plateau.

En été, la verdure, les grands arbres et les belles maisons avec leurs escaliers en fer forgé sont très reposants et permettent de trouver un peu la fraicheur (et de croiser un écureuil au passage ! Ils sont partout)… Car il faisait très chaud ! Un petit smoothie aux fruits frais et ça repart.

Au passage, si vous allez à Montréal, je vous recommande la chaine Juliette et chocolat qui fait de somptueux desserts !

Quand je suis allée à Montréal, il y avait le festival « Bouffons » (ce titre me fait rire, on ne verrait pas trop ça en France !), et ça a été l’occasion dès mon premier jour de tester… La poutine !! Et pas n’importe quelle poutine, puisque c’était une poutine au foie gras.

Alors qu’est-ce qu’il y a dans la poutine ? Des frites, des morceaux de cheddar et une sorte de sauce brune versée par dessus, assez indescriptible. Et dans le cas de celle que j’ai goutée, également du foie gras qui avait fondu aussi !

Verdict ? C’était super bon ! Bien qu’un peu écoeurant sur la fin…

Dans les curiosités culinaires québécoises, quand je suis arrivée, la grand info du moment était… La création d’un lobster roll chez Subway ! Oui, on est en Amérique, il y a un côté malbouffe auquel on n’échappe pas toujours… J’ai donc testé rapidement quand A. en a pris un et verdict : c’est un peu un crime de noyer du homard sous une couche de mayonnaise sucrée, donc pas trop pour moi…

Sinon, on a bien mangé, je vous rassure ! Nous avons testé beaucoup de restos asiatiques (coréen, cambodgien…), et même un resto végétarien buffet délicieux avec M., qui a été une aide précieuse, en faisant la guide et nous emmenant dans ce genre de petites adresses méconnues mais très bonnes. Le coréen était sur une terrasse dehors, avec une déco ambiance guinguette… Que peut-on rêver de mieux ?

 

La suite au prochain épisode !

This is happening

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Pendant les longs mois d’hiver et de coups durs, je me rattachais à ce fantasme, d’aller cet été dans un des endroits qui me faisaient le plus rêver au monde.

Je m’imaginais sur la route, comme mes héros de Kerouac, dont j’ai mangé les aventures jusqu’à plus soif, aller dans la librairie préférée de Ginsberg.

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Photo : Théo Gosselin

Je rêvais de me retrouver face à moi-même, de pouvoir enfin prendre du recul après cette année.

Et puis l’année est passée, et puis je n’osais y croire tant que ça serait sûr, mais voilà, c’est bon, j’ai mes billets.

Je pars à San Francisco deux semaines ! Et le mieux est que Coloc m’y rejoint, et qu’on prendra la route pour longer la côte, aller à l’aventure. On fêtera même son anniversaire là-bas.

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Je vous laisse, je pars hyperventiler d’excitation un peu plus loin.

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Les petites et les grandes victoires

Il y a de petites victoires. Regarder une série que je me refusais à voir pendant un an. Voir les jours se rapprocher de la date anniversaire fatidique, et serrer les dents en attendant que ça passe. Envoyer un texto pour donner mes résultats de concours, parce que c’était important, et en même temps pour dire qu’il faut couper tout contact, définitivement. Ouvrir la fenêtre le soir quand la douceur de l’air et le coucher de soleil montrent Paris sous son meilleur jour et se rappeler de quand c’était la même chose en septembre, et pourtant, tout a changé.

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J’ai essayé, maintes et maintes fois de capturer en photographie l’incroyable beauté de Paris qui s’assoupit le soir par ma fenêtre, quand retentit un silence voluptueux, parfois troublé par quelques éclats de rire ou une voix. Je crois que c’est pour ça que je prenais inlassablement la vue de ma fenêtre en photo quand je suis arrivée dans cet appartement, pour tenter de capturer cela, alors qu’aucune photo n’a jamais rendu grâce à la perfection de ces instants. J’étais si meurtrie à l’époque, et c’est la seule chose que j’ai prise en photo pendant deux mois. C’était la chose qui me rappelait qu’il y a tant de beauté de par le monde, et que je ne tarderais pas à la revoir malgré mes yeux embrumés de chagrin.

Jeudi soir, je suis rentrée, et en voyant Notre Dame dans un halo de lumière, en songeant que c’était l’une des dernières fois que je traversais le jardin des plantes et ce pont en sortant de l’école, et puis en étant frappée par la beauté de cette ville, de ma ville, j’en ai eu les larmes aux yeux. J’ai dit au revoir à mes élèves le lendemain, et je n’arrive pas à croire que ces 24 êtres humains avec qui j’ai vécu non stop pendant un an ne feront plus jamais partie de ma vie. Après avoir reçu quantité de bisous et de cadeaux, je suis remontée, pour tout ranger. Cette classe, c’était la métaphore de cette année. Quand je suis arrivée, fin août, c’était le pire jour de ma vie, en retirant les draps des étagères, tout me tombait littéralement sur la tête, et j’ai eu un mal de chien à retourner les tables lourdes toute seule ; j’avais le sentiment que tout était insurmontable.

 

Et vendredi soir, quand on m’a dit de mettre toutes ces tables au centre, les unes sur les autres, j’ai repensé à ce mardi d’août, où j’avais trouvé la classe ainsi, j’ai pensé que je ne voulais pas la revoir dans une telle disposition. Mais il y avait un groupe de filles de CE2-CM1 qui sont venues, et en 10 minutes m’ont aidée à tout faire, tout en racontant leurs souvenirs de cp. Puis je leur ai offert le gâteau et les billes qui me restaient sur les bras, et nous sommes sorties en discutant de leurs rêves d’avenirs. Quand je suis repassée dans la classe, elle avait un air de cette salle d’aout 2015, et pourtant je ne voyais plus la même pièce, vide et poussiéreuse. Elle était toujours poussiéreuse (oh ça oui !) mais plus vide, car il y flottait encore l’air de tout ce que j’y avais vécu, et la vie de ces 25 personnes qui ont avancé côte à côte dans cette petite pièce pendant 9 mois y résonnait encore.

Voilà, c’était ça, cette année. Je suis arrivée seule, en luttant contre des éléments qui me semblaient insurmontables, et je suis ressortie en accomplissant les mêmes tâches sans effort, et cela parce que j’étais bien entourée. Quand je me retourne, je revois tous ceux qui ont été là. Je suis trop pudique pour leur dire que je n’y serais jamais arrivée sans eux, que je les aime, et sûrement aujourd’hui encore plus qu’hier, et encore moins que demain.

Je suis ravie de changer d’école, de commencer cette année en moyenne section de maternelle, et pourtant j’ai le coeur déchiré à l’idée de quitter mes collègues qui m’ont portée et avec qui on a partagé nos peines et nos joies toute cette année.

Voilà, je m’en doutais, que cette année si intense a eu bien des aspects négatifs, mais que par la même occasion, elle a été ponctuée de tellement d’événements forts, que tout sera différent quand je m’en irai, que c’est une étape de ma vie sur laquelle je ferme la porte. Et je n’ai pas encore envie de la fermer cette porte, car j’ai tant grandi, et tant évolué, au point de pleurer de bonheur en regardant Paris qui dort, maintenant, dans son drap bleu nuit, pleurer doucement l’instant qui s’en va, car on le sait, il ne reviendra pas, et tout continue de changer, éternellement. Et même si j’ai grandi, je ne suis pas encore assez sage pour ne pas m’attrister de dire au revoir à ce qui, bon ou mauvais, fut, et ne sera plus.

Je finis sur un ton triste, alors que cet article s’appelait les petites et les grandes victoires et que ce qui l’a provoqué était plutôt joyeux. Mais sans doute que les plus jolies choses que l’on peut vivre restent teintées de mélancolie, dans les coins. Un peu comme cette chanson que j’écoute souvent en ce moment, si gaie, et pourtant qui change radicalement de ton en version acoustique.

And you’re gonna hear me roar

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Voilà, si vous n’avez pas déjà lu la nouvelle sur les réseaux sociaux sur lesquels je l’ai crié : JE SUIS ADMISE AU CRPE DE PARIS !

Et en plus je suis très contente de mes notes, parce que les oraux ont vraiment bien marché.

Au dela du simple bonheur (qui est pourtant déjà considérable) d’avoir ce concours, il a une saveur si particulière cette année : parce que ce fut une année éprouvante, où j’ai eu l’impression de tout perdre, et de devoir tout reconstruire. Parce que tout ce qu’on m’a pris, j’ai appris à le reconquérir, étape par étape. Parce que déjà en septembre, je disais que rien n’allait, mais que bientôt, « you’re gonna hear me roar » comme dans la chanson de Katy Perry que j’ai écouté en boucle comme un mantra, cette année, et puis avant chaque épreuve, pour ne pas oublier pourquoi ça vaut le coup de se battre. Parce que j’ai appris cette année que c’est dans l’adversité qu’on construit sa force, et j’y ai laissé quelques plumes au passage, mais que ça vaut le coup pour le sentiment que cela apporte. « I earned my stripes, I got from zero to my own hero », comme le dit Katy.

Parce qu’il y a eu tous ces gens aussi, qui ont été là, dans les mauvais moments, qui ont cru quand je ne croyais pas et que je hurlais que de toute façon, c’était peine perdue. Ils étaient là, et ils ont été là, cette semaine, quand je leur ai dit, et c’est si précieux de penser à tous ces gens, qui ont été là, tout au long de cette année.

Il y a tant de choses à dire, les textos reçus les jours des épreuves pour me dire qu’on pensait à moi, mon coloc qui m’envoie une capture d’écran qui m’a fait rire aux larmes dès l’annonce des résultats, mes collègues qui m’ont prise dans leurs bras en criant à 17h quand je venais de voir le résultat, les messages qui disent « tu le mérites tellement », ma maman en voyage aux USA qui avait frotté frénétiquement les chaussures de la statue de John Harvard à la fameuse université pour me porter chance et qui m’a dit que « ça servait bien de cirer les pompes d’Harvard ! », et puis ce petit pin’s de Mickey l’apprenti sorcier, qui date de mon enfance, cette oeuvre que je regardais en boucle dans Fantasia et qui m’a porté chance, ce pin’s que j’ai retrouvé et accroché sur ma veste, avec les visages de Rimbaud et Bowie, pour garder la chance près du coeur.

Je ne réalise pas encore complètement, prise dans la fin d’année de l’école et tout le reste. Il me faudra encore quelques jours pour redescendre, sans doute.

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Image : The White deer

Plénitude

Hello hello,

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Photo trouvée ici

Ca y est, je peux le dire : le dernier oral est passé ! Ce dernier mois a été éprouvant, avec beaucoup de stress (la veille encore de mon dernier oral j’échafaudais des stratagèmes pour ne pas y aller…) alors je ne suis pas mécontente que cela soit derrière moi !

Maintenant, il n’y a plus qu’à attendre, mais seule certitude : ça s’est bien mieux passé que l’an dernier pour les deux oraux !

Il va tout de même maintenant falloir réparer les dégâts faits, car je sais qu’il y en a eus et que tout ce stress ne partira pas facilement. Mais bon, l’année est bientôt finie, et je pourrai aller me reposer, loin, ailleurs.

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Photo personnelle

En attendant, il y a des moments comme ces dimanches matin, après une bonne nuit de sommeil, lorsque lors du petit déjeuner les seuls sons que l’on entend sont les cloches de l’église à côté (j’ai toujours l’impression de ne plus être à Paris quand j’entends les cloches) et les roucoulements des pigeons sur les toits (bêtes que je déteste par ailleurs, mais les roucoulements du dimanche matin me rappellent la maison, en Bretagne).
En buvant mon thé, je regarde les polaroids faits ces derniers jours qui trainent sur la table et la jolie carte d’un tableau de Rockwell envoyée depuis les Etats-Unis par mes parents.
Je fais une liste de projets pour la journée, avec la certitude qu’elle sera jolie. Mais ça, ce sera pour plus tard. En attendant, je bois mon thé. La journée commencera bientôt.

Bonne semaine !