blablabla·petits bonheurs·T. et les garçons

Un truc très beau qui contient tout*

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photo personnelle

Rarement ai-je eu l’impression de renaître réellement de mes cendres en arrivant en vacances…

Rétrospectivement, j’ai tenu jusqu’au bout je ne sais comment, mais j’étais réellement à bout lorsque la période d’école s’est terminée ; surtout avec une dernière semaine complètement folle où j’ai passé certainement ma ceinture marron de gestion de classe en crise de vomi (lorsque c’est l’heure de la sortie de classe, pendant la piscine, au moment où on range tout avant de partir en vacances), les collègues absentes avec des histoires d’urgences, d’enterrements, des élèves exclus dans la classe d’une collègue… Bref !

Mais heureusement, il y a tout le reste,  le reste qui a une odeur si sucrée, un goût si doux, ceux de la douceur de la vie… Il y a tant de choses à dire, à raconter, chaque petit instant de la vie est tellement précieux. J’aimerais capturer chaque seconde de ce présent, en faire un petit souvenir avant qu’elle ne s’évapore et disparaisse, noyée dans la masse des milliers d’autres secondes qui lui succèderont et n’en seront pas moins belles, ni moins singulières, mais parce que j’ai du mal à supporter l’idée qu’elles disparaitront et que viendra un moment où mon esprit ne pourra se les remémorer.

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Alors je fais une boulimie de mots sur le papier, d’images mitraillées, mais ces signes et ces pixels me semblent toujours impuissants à dire réellement la beauté, la puissance de chacune de ces secondes, la poussière qui vole dans un rayon de soleil, le silence entre deux êtres, le ballet des gens dans la rue lorsque je sors de la bouche du métro, le bruit du vent dans les feuilles, le miroitement du soleil sur la mer étincelante, écouter sans se lasser la respiration de l’être qui dort à côté de soi, et l’émerveillement de sentir cette vie chaude tout contre soi, le miracle que représente chaque souffle auquel on reste suspendu.

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J’ai envie d’écrire la beauté des choses du quotidien si banales, un plat de pâtes cuisiné avec amour, un regard au réveil, les lumières à travers la fenêtre du train de banlieue lorsque la nuit tombe, transformer une balade pour aller à une soirée en instant de danse, ses écouteurs sur les oreilles, et courir, sauter sur les lignes des pavés au son de la musique, avoir l’impression à chaque saut que je pourrais m’envoler, et lui derrière qui me sourit quand je me retourne, ce couple d’ados dans le métro, leur beauté désarmante, dans la façon bouleversante dont ils se penchaient l’un vers l’autre,

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S’embrasser dans la queue de la boulangerie, parce qu’il ne faut pas perdre le moindre instant, regarder le soleil se lever après une nuit blanche, partager des sushis avec Coloc, faire la course dans un escalier, arpenter l’arrière de la butte Montmartre, sentir sa main contre la mienne pendant un concert, s’embrasser dans la rue sans regarder où l’on va, et l’éclat du soleil éblouissant pendant que je me hâtais à mon retour vers lui, comme une réminiscence de cette phrase de Vian qui est une des phrases les plus magiques que j’aie jamais lues (« La rue menait à Chloé »), avec cette chanson merveilleuse dans les oreilles, une chanson qui contient tout :

Have a nice week !

(sauf mention contraire, toutes les photos ont été trouvées sur Pinterest)

* titre génial du recueil de lettres de Neal Cassady, celui qui a inspiré Sur la route

 

 

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7 réflexions au sujet de « Un truc très beau qui contient tout* »

  1. Quel bonheur de lire ce billet tout doux ! Et de te voir heureuse comme ça, c’est génial 🙂 Et les sushis, miam ! Et Boris, L’Ecume…, un roman merveilleux (sur lequel j’ai fait mon mémoire de maîtrise et que, malgré les heures et les heures d’analyses, j’aime toujours aussi fort). Et enfin Rufus, le fils de feue ma chère Kate McGarrigle… Le talent, c’est dans les gênes ! 🙂 Bises et profite de tout !

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    1. Oh je ne savais pas que tu avais fait ton mémoire sur L’écume des jours ! Tu avais parlé de quoi ? Ce roman m’a bouleversée quand j’avais 18 ans et je crois bien que je le citerais si on me demandait mon livre préféré… J’en ai plusieurs exemplaires avec des couvertures différentes ^^
      Je ne connais pas du tout Kate McGarrigle, tu me fais découvrir quelque chose ! Mais Rufus, je le connais depuis Moulin rouge (ça commence à dater !)
      Gros bisous

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  2. Mince alors les filles, je n’ai jamais lu L’écume des jours, c’est visiblement un grand tort. Ton billet est magnifique Touloulou et il fait un bien fou, tu parle si joliment de la vie quotidienne, tu y vois le diamant caché… J’aime tant ton billet que je le mets dans vos billets les plus tentateurs (en divers) histoire de pouvoir le relire autant que je le voudrais ;0) Et puis comme le dit Fondant ça fait plaisir de te sentir aussi heureuse, aussi sereine :0) Je te fais des gros bisous et continue de nous régaler avec de tels billets, ils sont comme des petits cailloux précieux sur mon chemin !

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