ailleurs

Partir

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Bon Iver – Flume (clique, c’est bien)

Chaque année, c’est la même chose, plus les jours se rapprochent des dates du concours et plus je rêvasse à ailleurs, et plus il y a cette envie lancinante de partir qui ne me quitte plus. En plus il y a eu il n’y a pas longtemps cette expo photo de Théo Gosselin, qui donne envie de partir directement avec son baluchon et le pouce en l’air, partir loin, sans se soucier de la destination, car ce qui compte, ce n’est pas d’arriver, mais bien le voyage.
Je commence à bien connaître le processus… Les années précédentes, j’avais pu combler ça en allant à Prague ou à Venise, quelques jours pour découvrir une ville européenne. L’an dernier, il y avait le Canada, aussi. Et puis rien ne s’est déroulé comme prévu. Avec le recul, j’ai l’impression qu’on m’a dérobé ce voyage, tout simplement parce que mon esprit était resté à Paris.

Mais cette année, ce sera différent, je le sais. Depuis plusieurs mois se frayait doucement l’idée qui ne me quitte plus, celle de partir, mais différemment. Pas partir faire du tourisme, voyager, visiter, un hôtel et quelques musées, les attractions de la ville, puis on repart. Non, j’ai envie de partir, de faire quelque chose que je n’ai encore jamais fait. Aller seule, dans un endroit où je n’ai aucune attache, aucun point de repère, me construire un bout de vie, juste par moi-même.
J’ai toujours voulu partager mes voyages, et pour la première fois, j’ai envie de me retrouver seule avec moi-même, pour compenser tous ces mois frénétiques, à 1000 à l’heure, où chaque problème a été remplacé par un autre, et où je n’ai pu que colmater les brèches dans l’urgence.Et puis avant je trouvais des excuses, qui me rattachaient à Paris, et m’empêchaient de le faire. Aujourd’hui, j’ai compris, que ce qui nous entrave, ce sont les barrières que l’on s’impose. Aujourd’hui, je me sens plus libre, plus sûre de moi, et de ma capacité à le faire. Malgré les difficultés, j’ai l’impression que cette année m’aura apporté cela.

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Je sens que j’ai besoin de ce recul qui m’a manqué toute l’année, que ça m’apprendra forcément énormément. Surtout, j’ai l’impression qu’en décidant de partir, je reprends enfin en main ma vie, après une année à me sentir ballotée au gré des tempêtes traversées.

J’ai envie de faire mienne une ville inconnue, de me lier à des personnes rencontrées par hasard, de parler une autre langue, de sentir le dépaysement me gagner. De prendre aussi ce temps pour écrire, vraiment, et pas juste les bribes à droite et à gauche dont je me contente actuellement.

En en reparlant ces derniers jours, le projet a doucement fait surface, pour devenir palpable. J’espère qu’il se fera. Je le vois comme une étape, dans une sorte de reconstruction, qui n’est sans doute en fait véritablement qu’une construction, sans le re. Il m’en aura fallu des années, pour apprendre à grandir. J’ai encore tant de peurs, mais celle de partir vers l’inconnu n’est peut-être plus.

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Ps : Toutes les photos de cet article sont personnelles et non libres de droit.

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13 réflexions au sujet de « Partir »

    1. J’ai un peu le problème inverse.. J’ai tendance à me lasser du quotidien, ce qui explique pourquoi régulièrement j’ai la bougeotte. Mes parents m’ont donné le virus des voyages quand j’étais petite et depuis ça ne m’a pas quittée…
      Je pense à la Californie, histoire d’avoir un peu de soleil :). Après, ce n’est pas encore très défini…

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      1. C’est une bonne idée, je suis sûre que la vie doit y être agréable ^^
        J’ai aussi l’habitude de voyager, je suis d’ailleurs parfaitement à mon aise dans un aéroport, mais depuis quelques années j’ai du mal à l’éloigner de chez moi ( j’entends pas là mon foyer ), ça m’angoisse terriblement. Ce n’est pourtant pas l’envie qui me manque: l’Irlande d’abord, qui m’appelle encore et encore, puis le Québec, l’Islande, la côte Est des USA, la Louisiane aussi, l’Europe de l’Est pourquoi pas, l’Australie…

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      2. J’étais un peu comme ça aussi, avant… Alors que j’avais 2 mois de vacances, je faisais le choix d’en passer une bonne partie à Paris. J’avais de plus en plus d’habitudes, comme ça n’avait jamais été le cas. Et puis toutes ces habitudes ont disparu quand j’ai du changer après ma rupture. Je pense que c’est aussi pour ça que j’ai besoin de partir. Peut-être aussi parce que je ressens pour la première fois que je peux le faire, avec cette liberté de n’avoir personne qui me retiendra, tout en sachant que ma vie ici attendra sagement mon retour pour reprendre.

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      3. Et tes destinations de rêve sont en tout points semblables aux miennes ! Le Québec, j’y étais l’été dernier et c’est splendide (même si comme je disais, je reste avec l’impression que je n’ai pas pu pleinement en profiter), l’Irlande, c’est parmi les prochaines étapes de la liste !

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