blablabla

Hiberner, et revenir

DSCF2366

Eh bien, je dois dire que la pause a été plus longue que prévu par ici…

Il faut croire que cela était nécessaire. Les journées sont passées à toute allure : la classe de neige, le retour dans le bain du train-train quotidien, de l’école, les soirées pizza / raclette / canap’ / Netflix au chaud, les nouvelles vacances (où je suis repartie au ski ! et aussi en Bretagne…), la reprise… Préparer les weekends entre amis, les futures vacances (oui je sais on dirait que je passe ma vie partie, les mauvaises langues diront que les profs passent leur temps en vacances…), mais surtout la classe… Paris sous la neige, les projets photo, la vie qui s’écoule.

Aujourd’hui a été un des premiers jours de retour du beau temps. Un rayon de soleil, sortir en veste et non en gros manteau (avec  sous-couches quand il faisait tellement froid (les habits pour le ski anti-froid = meilleur investissement de cet hiver), se balader avec une amie le long du canal, voir les gens aux terrasses, faire des projets. J’adore quand on sent toute l’énergie qui revient, les fourmis dans les doigts, Paris qui renait à cette saison.

Cette année, j’ai vraiment pris le temps d’hiberner, bien au chaud dans mon cocon avec lui. J’ai repris le goût de la cuisine, tenté de préparer de plus en plus de repas maison pour éviter le tout préparé rapide. On a regardé énormément de séries, on est un peu allés au cinéma. J’ai délaissé la lecture (un peu) et internet (beaucoup).

DSCF3507

Le temps passe, bientôt un passage de dizaine qui s’annonce et s’est retrouvé accompagné d’un temps de réflexion sur de nombreuses choses. Mon amie A. m’a dit en riant que l’hiver est toujours le moment rituel où je remets les choses en question. Ce temps de latence, où les choses mûrissent doucement est sûrement nécessaire à mon équilibre. Puis vient le printemps, et avec lui l’énergie, les projets se créent, et lorsque l’été éclate, je me lance.

Alors les jours ont passé, et puis un jour je me suis rendu compte que cela faisait un moment que je n’étais pas venue par ici. Que cela m’avait manqué. Alors je reviens doucement, sur la pointe des pieds. En ce moment, je n’éprouve plus le même besoin de venir par ici. Ma tête et mon coeur ont été bien occupés. Il faut déblayer, faire de la place à une personne qui chaque jour prend un peu plus de place, pour prendre la place, presque toute la place. Il y a eu de la peur, du stress, sans doute en anticipant le moment où le bonheur s’en irait, vite, toujours trop vite, et puis à un moment, le fait qu’il n’y avait plus de retour en arrière possible, alors on plonge dans le vide, et puis on verra. C’est plutôt chouette, en fait. Je me rappelle des moments où je pensais ne plus jamais revivre cela.

Enfin laisser derrière soi des bouts d’amertume qui collaient à mes semelles, enfin apprécier la douceur d’une certaine tranquillité qui peu à peu fait son nid. Je me rends compte à quel point cela est lent, mais cela ne fait rien. Je ne suis pas, je ne suis plus pressée.

Il faisait encore il y a peu si froid, le printemps arrive à pas de velours. Qu’il ne se presse pas trop, le temps poursuit si vite sa course folle. J’ai envie de savourer chaque seconde, chaque instant, les fleurs de cerisier qui apparaissent, le soleil qui éblouit le matin quand je sors, les premiers fruits printaniers, ces enfants qui continuent de grandir et qui se rapprochent dangereusement de ma petite taille, les moments à venir avec les amis, mais aussi les échanges avec vous. Tout cela est trop précieux pour perdre du temps à regarder ailleurs.

DSCF3274