blablabla

La liberté de sentir les herbes folles nous piquer les mollets

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Johnny Cash – Hurt

What have I become
My sweetest friend
Everyone I know
Goes away in the end
And you could have it all
My empire of dirt
I will let you down
I will make you hurt

Ce matin, je me suis levée en pleurant. Je pleurais parce que nous sommes le 8 du mois et que je suis déjà presque à découvert, parce que dans ces moments là, tout devient conditionné par cette obsession de l’argent que je n’ai pas, de l’argent à ne surtout pas dépenser. Il m’a proposé d’aller au cinéma (des mois qu’on ne l’a pas fait) et j’ai répondu que non, ça coûtait trop cher.

Et puis je suis passée par ici, j’ai retrouvé de vieux articles dont celui-ci. La puissance des émotions qui en jaillissaient m’a stupéfaite, et j’ai ressenti à en avoir le souffle coupé tout ce bouillonnement qui m’agitait alors. A ce moment là, j’avais tant perdu, j’étais tant perdue que seul l’essentiel, seul le primordial comptait. Je gagnais encore moins qu’aujourd’hui, et pourtant l’argent n’avait tellement plus d’importance. Il ne pourrait jamais racheter ce qui comptait, il ne pouvait pas m’offrir ce que je voulais.

Dans ces moments là, ce sont les actions des gens autour de moi, ces choses qui ne valent rien et pourtant valent plus que tout qui m’ont marquée, parce qu’elles avaient le prix inestimable du don le plus pur, celui fait avec le coeur.

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Cet été, c’est mon amie A. qui a connu des moments difficiles. Je la vois déboussolée, et je reconnais si bien les méandres qu’elle a à traverser actuellement. Il est si difficile de voir souffrir quelqu’un sans pouvoir faire grand chose d’autre que dire « ça ira, je te promets, je ne sais pas quand, mais un jour, ça ira mieux ». Elle m’a envoyé les photos que j’ai perdues dans mon cambriolage de mon séjour au Canada quand j’étais venue la voir et ils m’ont replongée dans ces souvenirs… Il y a trois ans. Une éternité et si peu en même temps.

Cet été-là, j’avais sorti le livre de Patti Smith qu’on m’avait offert pour mon anniversaire quelques mois avant. Il y a des périodes où la sensibilité affleure, où le moindre souffle de vent dans les feuilles m’émeut, et l’été se prête bien à ces contemplations teintées de nostalgie. J’aime me plonger dans des textes poétiques dans ces moments-là.
L’été me fait revenir vers l’enfance, lorsque je rêvassais dans mon verger secret à la campagne, rempli d’herbes folles qui me piquaient les mollets.
L’été me rappelle mes souvenirs quand petite, j’occupais les longues journées ensoleillées dans la maison de ma grand-mère, à regarder le temps qui s’écoulait, égrenant ses secondes sans se presser, une époque où je ne me souciais pas des contraintes et des deadlines. Chaque seconde existait pour être remplacée par la suivante. Ainsi étaient remplies les journées.

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Heureusement qu’il existe l’été, et ces espaces qui ne sont pas totalement aménagés, transformés par l’homme, pour revivre encore ces instants où le temps est suspendu, des instants indispensables pour ne pas oublier ce qui est si beau, se trouver en phase avec le monde qui nous entoure.

Sans frères et soeurs, sans personne pour me garder pendant les vacances, lorsque ma chère grand-mère n’était plus parmi nous, j’ai appris à passer mes journées seule. Je ne savais pas alors, que ces longs moments dans la nature, à marcher ou à écouter de la musique seraient un ciment pour lier toutes les pépites que j’accueillais en moi, avide de découvertes, de lectures, de connaissances. J’absorbais tout, comme une éponge, en rêvant d’un ailleurs, d’un plus tard, lorsque je serais grande et que je volerais de mes propres ailes, à la découverte du vaste monde.

Puis le temps a passé ; j’ai parfois oublié que sans ces moments de solitude heureuse dans la nature, avec le ciel comme témoin de mes cogitations et le vent qui me souffle l’instant présent dans les oreilles et dans le cœur, je dépéris comme une fleur qui se fâne. C’est lorsque je retrouve la nature, qui m’accueille dans ses grands bras piquants et chauds de soleil, que je me rends compte que j’étais en apnée jusqu’alors.

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Cet été, j’ai découvert qu’il n’y a pas tant de choses qui me rendent plus heureuse que de contempler un papillon aller de ci et de là, tandis que je demeure immobile, attentive à ne pas perturber sa danse délicate par ma présence. Cela peut sembler stupide. Cela peut sembler évident. Il y a si peu de papillons qui remplissent ma vie à Paris…

Cet été, j’ai compris que je me lassais de ma ville. Moi qui trouvait tant de liberté dans les possibilités qu’elle m’offrait, dans l’anonymat que j’y ressentais, voilà que je m’y sens prisonnière, comme enfermée dans une cage dorée. J’ai l’impression d’étouffer entre les quatre murs de mon appartement. Les quelques semaines de camping, de vacances au bord de la mer qui m’offraient un horizon infini du lever au coucher m’ont fait changer d’avis sur les paysages de la liberté.

Je me demande alors à quoi rime cette vie que j’ai choisie, pourquoi je ne pars pas vivre au milieu des bois, la course du soleil pour seule ligne à suivre. Oh, je sais bien que je m’ennuierais bien vite dans une telle vie, c’est l’avantage de grandir et de se connaître de mieux en mieux. Alors, je patiente jusqu’au prochain été, qui amènera son lot de réveils enchantés, de moments qu’on chérira pour toujours.

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Mais voilà, ce weekend, il y avait le festival la route du rock dans ma Bretagne, et surtout, il y avait Patti Smith. Patti Smith que j’écoutais à 17 ans, en mettant les fringues vintage de ma mère des années 70, en me passionnant pour ses combats, Patti Smith qui montrait que l’on pouvait être soi, qu’il était si important de choisir sa route en dépit de ce que les autres attendent de nous. Il n’y a pas de mots pour décrire les émotions ressenties en la voyant jouer, chanter, déclamer ses textes engagés, rappeler les combats, rendre hommage à ceux qui sont partis, être heureuse sur scène… Une immense artiste qui, malgré ses 71 ans, insufflait une vague d’énergie à la foule, projetait de la poussière d’étoiles qui retombait sur le public charmé.

Alors après avoir profité de la mer, en rentrant à Paris, je retrouve mes 4 murs et je me sens bien orpheline de la déferlante d’émotions qui ont parsemé cet été, orpheline de la beauté sauvage de paysages ensorcelants. J’ai ressorti mon livre, je me suis replongée dedans avec une tasse de thé chaud à la noisette. Quand je l’avais lu, il y a trois ans, je me souviens comme j’avais été emportée par la plume de Patti. Ses mots qui disent la grâce des choses infimes du quotidien, de l’enfance. La lumineuse clarté qui s’en dégage, lorsque l’on arrive à regarder au-delà des choses. Lorsque l’on cesse de voir un empire de poussière pour y déceler nos trésors. Cela m’avait touchée en plein cœur.

Aujourd’hui, trois ans plus tard, c’est toujours le cas. Je la lis et je repense à l’adolescente qui prenait en photo des couchers de soleil sur les brins d’herbe parce qu’ils lui évoquaient les films de Sofia Coppola, qui demandait à ce qu’on s’arrête en pleine route pour cueillir les marguerites dans les talus et qui rêvait devant l’infinité des possibles de ce que la vie avait à offrir.

J’ai espoir qu’avec le temps qui passe, on parvienne à savoir de mieux en mieux ce qui nous convient, ce qui nous aide à être heureux, sans oublier ce qui nous a fait. Pour surtout ne pas perdre de vue ce qui est précieux, pour pouvoir toujours être des glaneurs de rêves dans les grains de poussière.

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Photo datant de 2006 de mon petit coin de paradis (vous aussi vous en avez un que vous gardez en secret précieusement ?)
blablabla

Dépoussiérage de rentrée

DSCF9760Et voilà, le mois d’août continue de s’écouler, et bientôt ce sera la rentrée.

Je reviens doucement par ici. J’ai fait un peu de ménage, et mis de côté certains billets en changeant le mot de passe. Vous pouvez me le demander si vous le souhaitez.

J’ai encore beaucoup de photos à trier, beaucoup de choses à vous montrer ! J’espère que vous aussi, vous avez bien profité de vos vacances. J’ai hâte que l’on se raconte tout cela ! 🙂

 

Non classé

Pause estivale

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Partie me ressourcer en respirant les embruns et en goûtant la saveur unique des journées chaudes d’été auprès de ceux qui réchauffent mon coeur plus encore que la canicule, tout en comptant les étoiles filantes, je vous dis à très vite.