Grande-Bretagne·littérature

Agatha Raisin enquête : la quiche fatale

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Sur un coup de tête, Agatha Raisin décide de quitter Londres pour goûter aux délices d’une retraite anticipée dans un paisible village des Costwolds, où elle ne tarde pas à s’ennuyer ferme.
Afficher ses talents de cordon-bleu au concours de cuisine de la paroisse devrait forcément la rendre populaire. Mais à la première bouchée de sa superbe quiche, l’arbitre de la compétition s’effondre et Agatha doit révéler l’amère vérité : elle a acheté la quiche fatale chez un traiteur.
Pour se disculper, une seule solution : mettre la main à la pâte et démasquer elle-même l’assassin.

Cette chère Agatha ! Je me souviens l’avoir rencontrée il y a maintenant de nombreuses années au détour des rayons du WH Smith de Piccadilly à Londres (l’une des plus grandes librairies jamais vues) en scrutant frénétiquement la table de la sélection des romans dont l’intrigue tournait autour de Noël.

En rentrant chez moi, j’ai découvert qu’il s’agissait d’une série et j’en avais lu un tome (lui aussi autour de Noël, Agatha Raisin and kissing Christmas goodbye) mais j’avais été un peu déçue et trouvé Agatha bien peu sympathique…

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source : telegraph.co.uk

Cela m’a fait plaisir des années plus tard de découvrir que les romans étaient (enfin) traduits et j’avais conseillé le tome 1 à ma mère ; tome que je comptais lire depuis donc longtemps pour voir si je n’avais pas loupé un bout en lisant un tome au milieu de la série.

Et j’ai bien fait, car cette lecture m’a bien plus convaincue que la précédente ! J’ai aimé découvrir les Cotswolds et leurs charmantes particularités de villages mignons et un peu trop propres pour la pittoresque Agatha. Cette fois-ci, elle m’a fait bien rire, avec sa mauvaise foi, ses habitudes alimentaires hasardeuses, sa façon d’enquêter peu orthodoxe et ses manigances en tout genre (pour piquer la meilleure femme de ménage du voisinage ou pour obtenir des informations sur son voisin dont le charme ne lui échappe pas).  Peut-être en attendais-je aussi moins car je savais mieux à quoi m’attendre, c’est-à-dire une lecture légère et distrayante avec une héroïne loufoque et peu conventionnelle, avec cette petite pointe british irrésistible.

D’après ce que j’ai lu, tous les tomes ne se valent pas (et ma première expérience me le confirme), mais je lirai certainement les prochains tomes !

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Etats-Unis·littérature

Presidio

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Après six années d’une drôle de vie menée en solitaire, Troy retourne dans la petite ville où il a grandi. Il s’est tôt fait la promesse de ne jamais rien posséder et emprunte depuis la vie des autres : leurs portefeuilles, leurs valises, leurs costumes et leurs voitures… Pourtant, lorsqu’il apprend que la femme de son frère a mis la main sur le maigre pécule hérité du père, Troy met le cap sur New Cona (tableau miniature de l’Amérique rurale), bien décidé à aider son frère à retrouver l’argent. Ils embarquent alors dans un road trip chaotique à travers les paysages austères du Texas. Seul hic, une passagère non déclarée est à l’arrière de la voiture : Martha, une gamine qui n’a pas froid aux yeux et une idée fixe en tête, retrouver son père au Mexique. Les frères Falconer ne sont plus simplement recherchés pour un banal vol de véhicule, mais pour enlèvement…

Le côté mystérieux de ce road trip de deux frères dont les personnalités resteront assez obscures pendant tout le roman m’a tout de suite interpellée. Sauf qu’ici, il ne s’agit pas d’un road trip exaltant, mais au contraire d’un récit lourd, poisseux. Les deux frères parcourent la région du Texas dans ce qui semblerait presque une célébration du vide : les motels peu fréquentés à la moquette plus que douteuse, les stations service désertées, les routes secondaires poussiéreuses pour éviter de se faire repérer… Kennedy fait ressortir de façon magistrale cette atmosphère.

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J’ai pourtant eu du mal à poursuivre ma lecture sans perdre mon intérêt et c’est surtout lorsque le personnage de Martha entre en scène que j’ai apprécié ma lecture. Jeune fille issue d’une communauté mennonite au Mexique (une communauté religieuse qui refuse notamment tout progrès technique), ayant été enlevée par son père qui a fuit ladite communauté en traversant la frontière, elle se retrouve catapultée dans une société américaine dont elle ignore tout.
C’est en étant allongée à l’arrière d’une voiture que vole Troy, fidèle à son habitude, qu’elle se retrouve au cœur d’un enlèvement qui était loin d’être prévu. Sa force de caractère et son instinct de survie, alors qu’elle est jeune et a connu un environnement pacifiste très peu en phase avec la société américaine, forcent le respect et l’ont rapidement rendue très attachante. Elle pourrait presque être le personnage principal si cette place n’était pas déjà prise par l’Etat du Texas qui est le véritable coeur du roman.

Je suis quand même certainement passée à côté de ce livre, car à part l’histoire de Martha qui m’a beaucoup intéressée, le reste n’a pas réussi à me tenir en haleine… J’ai eu du mal à cerner les personnages des frères, et c’est peut-être un effet recherché par l’auteur ; mais c’est un aspect qui compte beaucoup dans l’intérêt que je porte à mes lectures et ils sont restés des énigmes jusqu’à la dernière page.

Dommage car l’écriture délicate et toute en nuances de l’auteur nous plonge au cœur du Texas des années 70, presque comme si on y était.

Je remercie vivement les éditions Delcourt et Léa du groupe Picabo River Book Club pour m’avoir permis de découvrir ce roman !

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