ailleurs·mois américain

Quelques jours en Amérique

_DSC5004

Ces derniers temps, j’ai un peu le coeur de l’autre côté de l’Atlantique, comme vous l’avez surement compris avec mon dernier billet.

Je vis depuis maintenant un petit moment une histoire d’amour passionnelle avec l’Amérique des grands espaces. Je n’y peux rien, je n’arrive plus trop à lire autre chose que de la littérature américaine. Depuis mon voyage californien de l’an dernier, je n’ai qu’une envie, c’est d’y retourner.

thelma-et-louise-1991-08-g

Alors, en attendant,il reste les livres, les films, les séries et la musique. Je vous propose de passer quelques jours sur les routes américaines avant le début du mois anglais.

Vous êtes prêts ? Let’s go!

mois américain·music is love

Mois américain : Bruce Springsteen pour s’évader un peu

_dsc5073

Quand j’étais petite, et que je montais à l’arrière dans la voiture, mon père aimait écouter l’album Darkness on the edge of town de Springsteen, alors quand je le réécoute,j’ai toujours envie de revivre ces moments. Toujours, quand la première piste commence, j’imagine la route et ses kilomètres d’asphalte se dérouler sous mes pieds. Inutile de vous dire que je ne me suis pas privée pour le faire cet été aux USA…
Et puis Bruce, il était si craquant, sur cette pochette, avec les cheveux en bataille et son t shirt blanc. Et puis les paroles de cette chanson, Badlands, vont bien avec cette atmosphère, cette envie de vivre sa vie sans tarder…

For the ones who had a notion, a notion deep inside,
That it ain’t no sin to be glad you’re alive
I wanna find one face that ain’t looking through me
I wanna find one place,
I wanna spit in the face of these…

Badlands, you gotta live it everyday,
Let the broken hearts stand
As the price you’ve gotta pay,
We’ll keep movin’ ’til it’s understood,
And these badlands start treating us good.

Alors parce que ce sont les derniers beaux jours, malgré la rentrée bien entérinée, gardons encore un soupçon d’évasion. Baissez la vitre, passez le coude par la fenêtre, montez les basses et appuyez sur l’accélérateur.

mois américain

littérature·mois américain

Wild, Cheryl Strayed

Cheryl Strayed, 26 ans, n’a aucune idée de ce qu’elle fait et de ce qui l’attend lorsqu’elle boucle son sac à dos, avant de partir sur la Pacific Coast Trail, un sentier californien qui suit les chaines de montagne et qui relie la frontière mexicaine à la frontière canadienne.

Pourquoi décide-t-elle de faire ça, elle qui n’est jamais partie en randonnée plus de 24h ? C’est ce qu’elle nous racontera progressivement – du décès de sa mère, quelques années plus tôt, victime d’un cancer foudroyant, à tout ce qui a suivi et qui a plongé la vie de Cheryl dans le désastre, tout comme elle nous racontera son expérience dans la nature, de ses erreurs de débutante, ses (nombreuses) difficultés, ses moments de désespoir, à son émerveillement d’être plongée dans la nature sauvage (wild en version originale) et aux rencontres qui parsèmeront son parcours. Elle nous raconte tout ce qu’elle a vécu, en marchant, et la rédemption que lui offrira cette expérience.

_DSC5341

Inutile d’y aller par 4 chemins, voilà peut-être (sans doute) ma lecture préférée de l’année 2016. Cela faisait un moment que j’avais entendu parler de ce livre, notamment suite à son adaptation en film avec Reese Whitherspoon que j’aime beaucoup. Quand j’ai lu le résumé, il y a eu comme un déclic, quand tout s’emboite si parfaitement que vous vous dites que c’est trop. A quelques jours de mon départ en Californie, un départ voulu pour que le voyage me défasse des chagrins emmagasinés depuis trop longtemps, le récit de Cheryl résonnait fortement avec mon projet de voyage (toutes proportions gardées, le mien était moins extrême évidemment).
Je savais que c’était ce livre qui m’accompagnerait pendant mon périple – et pour m’accompagner, il l’a fait. Trimballé de la France à la Californie par dessus un océan et un continent, soit pas moins 9000km, puis partout pendant 4000km sur la route, corné à force d’être mis et enlevé de mon sac à dos, puis revenu à nouveau à Paris, victime d’un accident de maquillage – sa tranche est désormais habillée d’une tâche rouge qui va étrangement bien avec la couverture – il m’a suivie partout, et a tant résonné en moi qu’il restait dans mon esprit même quand je ne le lisais pas. J’en ai beaucoup parlé à de nombreuses personnes, et en particulier à Coloc qui pensait presque que Cheryl Strayed était mon nouveau guru, tant j’ai dit de phrases commençant par « D’ailleurs Cheryl Strayed a dit » / « C’est drôle parce que Cheryl Strayed en parle justement… »

cheryl_and_josh_2-680

La vraie Cheryl Strayed dans l’Oregon, aout 1995

Le récit de Cheryl est brut, elle le raconte avec une sincérité si poignante qu’on ne peut s’empêcher de rire, d’être émerveillé et de pleurer avec elle. Je  vous laisse imaginer la scène quand tu pleures à chaudes larmes quand elle raconte le moment -bouleversant- de la mort de sa mère et que l’hôtesse de l’air vient te proposer un café. Sa force de caractère est impressionnante ; son récit aurait pu être une compilation de plaintes sur la dureté de sa vie, mais au contraire, elle ne se plaint finalement que très peu, et fait souvent passer son désarroi par l’humour. On ressent à travers les réactions des autres leur respect pour ce qu’elle a entrepris, de partir seule avec son énorme sac, surnommé Monster, qu’elle peine à porter, et on partage ce respect.

“Each night the black sky and the bright stars were my stunning companions; occasionally I’d see their beauty and solemnity so plainly that I’d realize in a piercing way that my mother was right. That someday I WOULD be grateful and that in fact I was grateful now, that I felt something growing in me that was strong and real.”

wild-movie-2014

Cheryl part dans l’objectif de se retrouver en chemin, de mettre enfin un sens à sa vie, et aux errances qui l’ont ponctuée dans les dernières années, de rencontrer, non pas celle qu’elle était avant les drames qu’elle a connus, mais celle qui émerge après avoir mué, et retiré les peaux mortes de sa vie d’avant, celle qui n’attend qu’à être trouvée. Elle met du temps, mais peu à peu, elle laisse derrière elle, comme autant de cailloux semés ces choses douleureuses. Et ce qu’elle découvre, est qu’il n’y a pas forcément de sens à trouver, que parfois il suffit de voir les choses, sans tout comprendre. Que tout ce qu’elle a à faire, que la chose la plus incroyable, « wild » qu’elle puisse faire est de laisser aller, to let it be.

« Everything except the fact that I didn’t have to know. That is was enough to trust that what I’d done was true. To understand its meaning without yet being able to say precisely what it was, like all those lines from The Dream of a Common Language that had run through my nights and days. To believe that I didn’t need to reach with my bare hands anymore. To know that seeing the fish beneath the surface of the water was enough. That it was everything. It was my life – like all lives, mysterious and irrevocable and sacred. So very close, so very present, so very belonging to me.
How wild it was, to let it be.”

cheryl___lake02-680

Cheryl Strayed à Crater Lake, aout 1995

Une lecture inspirante, qui m’a beaucoup touchée et fait réfléchir,qui donne tant envie de faire comme elle et de partir avec son sac et ses chaussures de rando, sans se soucier du reste.Une lecture qui restera très longtemps en moi, je le sais.

mois américain

Enregistrer

mois américain·seasonal love

Septembre, la rentrée et le mois américain

summer calvin hobbes

Pour se mettre en jambe, un peu de musique : China Grove, The Doobie brothers

Et voilà, l’été est bel et bien terminé… Mercredi, comme nombre d’élèves et d’autres profs j’ai bien mal dormi,  les médias, les pubs, les supermarchés m’ayant répété les jours précédents environ toutes les 20mn que « célarentré!!! »

Je suis tellement heureuse de commencer cette nouvelle année, dans une nouvelle école, et un nouveau niveau. De belles choses se préparent et je crois que découvrir la maternelle va être quoiqu’il arrive très riche. J’ai rencontré mes élèves avec ma binôme et j’ai hâte de les revoir lundi.

48e2d6aa4c8b780333de4cf9d792b1d3

L’été est terminée, mais voilà qu’arrive l’automne, une saison que j’adore, une saison dont j’ai peu profité l’an dernier… La pluie est tombée cette nuit, tapotant sur mon velux, et ce matin gris souris souffle un vent de fraicheur qui semble annoncer l’automne.C’est le genre de matins que j’adore, je profite de la quiétude avec mon thé et ma playlist folk en profitant d’être encore seule pour quelques instants avant que Coloc ne se lève.

Septembre est aussi annonciateur de formidables choses, puisque c’est le retour du mois américain organisé par Titine, et qu’en plus cette année, c’est aussi le festival America à Vincennes !

Autant vous dire que tout cela tombe à pic pour prolonger mon voyage américain, dont je ne suis pas à 100% encore revenue…

_DSC5341
Souvenir du petit dej sous le soleil à Yosemite (avec un livre incroyable, je vous en reparle bientôt !)

Ma pal américaine déborde toujours autant, mais je vais saisir cette occasion à bras le corps pour me remettre aux billets littéraires (disparus depuis maintenant un bien long moment !), tester quelques recettes de mon livre Made in New York, et puis SURTOUT trier et montrer mes photos (même si avec 4000 et quelques photos c’est pas gagné !)

Et évidemment retrouver les copines après un été au ralenti sur les blogs !

Alors, vous êtes prêts à embarquer on the road with me ?

_DSC5351

mois américain

Enregistrer