Paris·photo

Sur les toits de Paris

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Je suis amoureuse de ma jolie vue de Paris, et la bonne nouvelle récente est que les échafaudages qui obstruaient la vue et empêchaient le soleil d’entrer ont été enlevés…

La photo ci-dessus, je sais que quand je la reverrai, elle sera toujours associée à une période de ma vie. Ce mois de septembre, où bien des choses étaient compliquées, mais où chaque matin je m’émerveillais de cette vue, et je la prenais en photo. J’en ai des dizaines, des photos identiques, avec les nuances de couleurs qui variaient selon les jours… Quand j’essaie de les trier pour n’en garder qu’une ou deux, je n’y arrive pas, alors je les garde toutes, précieusement, comme autant de souvenirs.

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Un soir, après une soirée risotto / vin avec des amis, nous sommes montés sur le toit. Passée la crainte de marcher sur la tôle pentue (mais il y a un plat 2m plus bas et j’étais accompagnée par des escaladeurs avertis !), la beauté de Paris s’étendait à nos pieds et la tour Eiffel, au loin, éteinte, semblait assoupie. Il y avait une atmosphère magique, malgré le froid qui glaçait les os et les nuages qui empêchaient de contempler les étoiles…

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(au fait, laquelle de ces deux photos en noir et blanc préférez-vous ? Je n’arrive pas à me décider…)

Les beaux jours approchent, et j’ai hâte de remonter, de savourer la douceur de l’air en s’installant sur les toits, de parler de tout et de rien, mais surtout de tout.

blablabla·Paris

Friday I’m in love*

* Bande-son avec une chanson à peu près parfaite

Vendredi soir, mon moment préféré de la semaine.

Un verre et un resto avec les copines, le bonheur de se raconter nos petites vies autour d’un excellent okonomiyaki.

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La soirée s’est terminée tôt, j’avais hâte de pouvoir profiter de mon lit chaud qui m’attendait. A Opéra, je les ai laissées, et au lieu de prendre le métro, j’ai marché. Je prends de moins en moins le métro (c’est aussi pour ça que mon rythme de lecture a chuté drastiquement), je ressens un besoin impérieux de marcher, des distances de plus en plus longues, depuis ces derniers mois.

J’ai pris les grands boulevards, où s’alignent bars, pubs, cinémas. J’ai marché en souriant, le ventre bien plein, en pensant que dans une semaine, il serait rentré. J’ai marché, j’ai croisé les cuistots en pause, les gens qui riaient dans la rue, un joggueur perdu dans la foule des fêtards. Il faisait froid, mais un froid revigorant qui fait du bien, et puis il y avait de la chaleur dans cette vie qui bouillonnait. Il y avait ce gars complètement ivre qui se regardait chanter dans un miroir et toute la rue qui pouffait en le regardant faire. Il y avait les groupes qui n’avançaient à rien car il y avait toujours quelqu’un derrière, qui s’arrêtait. Et au milieu de tout ce monde, je ressentais ce que j’aime dans Paris, cet anonymat particulier que seule la foule procure. Je me sens si bien, à ma place, quand je marche au milieu de la foule tourbillonnante.

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C’était Paris, le Paris que j’aime, les vendredis soirs qui continuent malgré l’horreur passée, les gens qui sont toujours là, le besoin urgent de vivre chaque instant avec intensité, parce que vendredi soir, ça n’arrive qu’une fois dans la semaine après tout.
Il y avait les kebabs encore ouverts, les bars PMU dont la population change radicalement par rapport au haut de la rue, tous ces gens qui font la nuit parisienne, et puis je remontais la rue en écoutant ma musique, en pensant à lui, lui, lui en boucle dans ma tête et dans mon coeur depuis un mois. Je pensais à ce qu’on s’était dit avec les amis, qu’il était plus que jamais temps de vivre, d’aimer, de se serrer fort, et je pensais à lui, qui sans qu’on le sache, n’était pas loin, et songeait la même chose à ce moment là, avant qu’on ne se rencontre, je pensais à lui, et j’étais si pressée qu’il rentre, de me sentir en vie en le serrant contre moi.

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Je pensais que ça y est, c’est chez moi, ici, je me retrouve dans les rues qui m’entourent, que j’ai photographiées, ces escaliers que j’aime dévaler, comme si j’allais m’envoler, surtout le matin quand ils sont inondés de soleil, ces escaliers descendus dans une danse comme si j’étais dans un film ce matin-là où je suis allée le retrouver pour la première fois, un froid matin de fin décembre.

Les souvenirs qui s’amoncèlent, l’endroit où mon portable est tombé parce que j’étais trop pressée de le retrouver, la rue derrière qui sent toujours la pina colada, le pas de ma porte devant lequel les habitués du bar d’à côté sont presque toujours là, cet endroit où il m’a embrassée, pour la première fois après m’avoir raccompagnée un soir après avoir parcouru Paris à pied, un instant parfait. Cet endroit par lequel je passe chaque matin et chaque soir, en oubliant presque ces doux moments, et puis parfois les souvenirs remontent et j’ai le coeur qui palpite d’émotion.

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Je marchais et je pensais à mon lit vers lequel je me hâtais doucement, à la perspective de tous ces moments à venir mais qui existaient déjà un petit peu, le sommeil, un baiser, un doux week end, une séance de cinéma, un bouquet de fleurs acheté au marché.

Des moments pas encore nés mais qui avaient déjà un peu le goût du présent, le goût du bonheur.